Merci beaucoup pour les messages que vous avez laissés pendant mon absence. Je suis allée en France pour préparer notre retour. Mission accomplie, ouf, j'ai trouvé un appartement. Le plus dur reste à faire : préparer les cartons, faire vacciner le chat pour la énième fois ! (sinon, il devra rester ici) ... et prendre quelques photos. En voici une de la baie de Tokyo.

Le commentaire de Mimi m'a incitée à plonger dans Connaissance de l'Est. Je n'ai pas encore trouvé le passage qu'elle m'indique, mais celui-ci se marie très bien avec la photo que j'ai choisie : "[Le pin] porte sur tout la tache de ses touffes singulières : sur la gloire et puissance de l'Océan bleu dans le soleil, sur les moissons, et interrompant le dessin des constellations ou l'aube, sur le ciel. Il incline ses terrasses au-dessous des buissons d'azalées en flammes jusqu'à la surface des lacs bleu de gentiane, ou par-dessus les murailles abruptes de la cité impériale, jusqu'à l'argent verdi d'herbe des canaux : et ce soir où je vis le Fuji comme un colosse et comme une vierge trôner dans les clartés de l'Infini, la houppe obscure d'un pin se juxtapose à la montagne couleur de tourterelle." (Paul Claudel, Connaissance de l'Est)
Dans cet extrait, le Fuji est présenté tour à tour comme un colosse et comme une vierge. Or, en japonais, Mont Fuji se dit Fuji-San, et San, dans la langue nipponne, veut dire à la fois "monsieur", "madame" et "montagne". Le Fuji-San est donc à la fois colosse, vierge et montagne - mais rappelons-le, il ne s'agit pas d'un sommet comme les autres : si ce volcan entrait en éruption, ses cendres pourraient recouvrir Tokyo, dont il n'est séparé que par une soixantaine de kilomètres.
Du soleil, encore... et des feuilles de lotus.

Kitanomaru-Koen, Tokyo, été 2004